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Gérard Gelas est né à Lyon le 7 juillet 1947, l’année où le Festival voit le jour en Avignon. Puis avec ses parents, il s’installe chez ses grands-parents italiens aux Angles de l’autre côté du Rhône, en face d’Avignon. Il grandit dans un quartier populaire, peuplé essentiellement d’immigrés et de gitans, ses compagnons de jeux qui l’initient à la guitare. La famille est modeste. Du côté maternel, le grand-père a fui le fascisme mussolinien, s’est fait charbonnier dans les forêts du Mont-Ventoux. La grand-mère fait des ménages, elle conte à l’enfant les vieilles légendes de sa Toscane natale ; c’est à elle qu’il doit son goût du merveilleux. Du côté paternel, pour origine la Suisse. Le grand-père est ingénieur ; mais issu d’un milieu populaire, il milite dans les premiers syndicats. Les parents de Gérard travaillent à Avignon, lui employé de bureau, elle dactylo. Gérard fait ses études au lycée Frédéric Mistral à Avignon.. Il passe le bac et obtient une bourse pour la faculté de Nanterre, grâce à une note en philosophie exceptionnelle. Gérard Gelas opte pour l’I.D.H.E.C à Paris ( Institut Des Hautes Ecoles Cinématographiques) où il ne restera que quelques semaines. Retour à Avignon . Est-ce la lumière du sud qui lui manque ? Nous sommes en 1966 et dans la mouvance des ferments de 1968, il fonde le Théâtre du Chêne Noir. Avec deux camarades de lycée, Daniel Dublet, Gilbert Gay ainsi que Bernadette Marini, ils répètent dans le jardin de sa grand-mère, à la Maison des Jeunes de la Croix des Oiseaux à Avignon et à la Maison des Jeunes d’Apt. Il décide de créer leur premier spectacle intitulé : "Poèmes " qui sera donné dans un petit restaurant : « La Poule au Pot » à deux pas de la place des Carmes. Puis se sera " L’Homme qui chavire ". Ces deux spectacles sont réalisés à partir de textes de Gérard Gelas et déjà de musiques interprétées par les acteurs eux-mêmes ou empruntées à l’œuvre de John Coltrane, Ravi Shankar, Pierre Henry, Charlie Mingus. En 1967, Gérard Gelas écrit sa première pièce " La Paillasse aux seins nus " qui va lui valoir une entrée peu banale dans la carrière d’homme de théâtre. Dans la troupe qui répète dans une cave désaffectée de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, un tout jeune comédien, Daniel Auteuil, travaille le rôle de Jean. Quelques jours avant la première, prévue le 18 juillet 1968, Daniel Auteuil se retrouve à l’hôpital à la suite d’un grave accident de voiture. Coup dur ! Gérard Gelas le remplace pour que les représentations aient lieu comme prévu. Hors, ce 18 juillet 1968, Gérard Gelas connaîtra sa première blessure artistique, une cicatrice qui sans doute ne s’effacera jamais : sa première pièce de théâtre " La Paillasse aux seins nus " est interdite par le préfet du Gard pour « risque de trouble à l’ordre public » et « atteinte à la personne du chef de l’Etat. » A la demande de Maurice BEJART, qui donnait dans la cour d’honneur du Palais des Pape « Une messe pour le temps présent », la troupe du Chêne Noir fut invitée sur le plateau de la cour, les comédiens bâillonnés symbolisant l’interdiction, Jorg Donn, danseur étoile, et toute la troupe de danseurs dansent sur les corps de la troupe mise à terre. Le LIVING THEATRE et tant d’autres se solidarisèrent avec la jeune troupe. Gérard Gelas devient alors célèbre sans que personne n’ait vu cette oeuvre. Après un mois houleux et des moments douloureux, Gérard Gelas et sa troupe sont invités à Rome par Giancarlo Nanni. Il y fera la rencontre de Fédérico Fellini, Julietta Massina, Moravia, Elsa Morante et le sulfureux et jeune acteur Pierre Clémenti. Tous viennent voir "cette fameuse troupe du Chêne Noir" interdite à Avignon. Ne voulant pas devenir un artiste officieux, reconnu pour le seul scandale, bien involontaire, du Festival d’Avignon 1968, Gérard Gelas décide de revenir à Avignon et aménage avec des moyens de fortune, un lieu théâtral qui deviendra "le premier Chêne Noir", en face du lycée Théodore Aubanel, rue Saint-Joseph. Là seront crées les premiers spectacles touchant un véritable public : « Radio Mon Amour », « Vivre Debout », « Sarcophage » et « Marylin » . Dès 1969, la compagnie tourne et acquiert une notoriété nationale. 1970, l’année suivante, on le censure à nouveau : après plus de soixante représentations en France, un arrêté municipal interdit à toute la troupe de produire « Opération » à Chelles. Il trouve alors refuge à la Cartoucherie de Vincennes : Ariane Mnouchkine l’accueille et lui prête Le Théâtre du Soleil pendant que sa troupe part en tournée avec le spectacle "1789". Gérard Gelas et ses compagnons créent "Aurora" le 4 mai 1971. Le spectacle est un énorme succès. 1971, c’est cette même année qu’il trouve un nouveau lieu, celui de la rue Saint-Joseph s’étant trouvé très rapidement trop exiguë : une magnifique chapelle du XII ème siècle abandonnée, au cœur de la cité papale dans la rue Arnaud de Fabre qui prendra plus tard le nom de la chapelle Sainte Catherine. Sa compagnie Le Théâtre du Chêne Noir a trouvé ses murs chargés d’histoire, qui l’abritent aujourd’hui encore. De 1971 à aujourd’hui, Gérard Gelas y créera nombre de ses œuvres en tant qu’auteur et metteur en scène, qui devinrent des succès : "Miss Madona", "La Befana", "Chant pour le Delta,la lune et le soleil ", "Lili Calamboula", "La Légende des Mille Taureaux", "La barque", "Antigone", "Ode à Canto", "Lorenzaccio", "Effroyables Jardins", "Histoire Vécue d’Artaud-Mômo", "Guantanamour". Il n’aura cesse d’écrire. Ses textes naissent dans l’urgence et la nécessité, en fonction des évènements sociaux, des scènes de la rue, des conversations, « des chemins secrets qui unissent ou séparent les êtres ». Contre l’engourdissement des idées consensuelles, de la pensée unique, (de « l’Internationale de la propriété des consciences » que dénonçait Artaud). 1985, son 21 ème texte, "La barque " suscite plusieurs distinctions : il est sélectionné par la S.A.C.D pour lecture au centre national des lettres, il paraît aux Editions Jacques Bremond, préfacé par Léo FERRE il est traduit en italien. En Italie, le texte est crée au Festival d’Asti en Italie, dans une mise en scène de Luciano Nattino avec Lorenza Zambon et Alexandro Haber, musique de Paolo Conte, dans un décor signé par Guglielminetti. Pour ce texte, Gérard GELAS a reçu le prix d’écriture contemporaine au festival de PORDENONE ( Italie) où la version française et la version italienne furent conjointement présentées. Ce même texte a fait l’objet d’un long métrage réalisé par Nanni LOI, produit par N.C. ROME. En 1989, à la demande du comité national du Bicentenaire de la Révolution Française et de la ville d’Avignon, Gérard Gelas crée en janvier 1989 à l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse : Marat-Sade de Peter Weïss. Un spectacle d’une grande force et d’une grande beauté, qui fera salle comble à la création, pendant le festival de la même année et qui sera joué dans les plus grands festivals. 1991, la création de "Noce de sable". Avec ce texte, nous retrouvons la préoccupation essentielle de l’auteur et du citoyen, ici le contexte est la guerre du golfe. En écho à Noces de sable, Gérard Gelas met en scène "La peau d’un fruit" de Victor Haïm avec Pierre Santini. 1995, un autre sujet d’actualité que les médias ne cessent d’évoquer "le terrible geste" du joueur de football Eric Cantona. Gérard Gelas s’en empare et réunit deux personnalités diamétralement opposées : Eric Cantona et Antonin Artaud. Ce face-à-face est porté par le feu de passions superposées : le foot, la poésie, le Sud et les quartiers populaires…L’amour impossible entre le foot et le théâtre est accompli. Cette écriture originale et le spectacle reçoivent un immense succès. "Ode à Canto" tournera pendant trois années consécutives en France et à l’étranger. 1997, c’est à nouveau un sujet d’actualité qui inspire Gérard Gelas, celui qui s’empare de la France et de l’Europe, la maladie de la vache folle. Sujet pour le moins délicat. "The Beautiful Vache Folle ou la belle camarguaise" est le titre pour le moins original de ce spectacle. 1998, adaptation du célèbre conte de Charles Perrault, qui devient "Il était une fois…le Petit Poucet", un spectacle pour les enfants et les grands qui devient très vite un succès public, plus de 250 représentations et que le Théâtre du Chêne Noir remet au programme de sa saison 2002/2003. En 1999, Gérard Gelas confie sa pièce "Le vieux et le perroquet " à Claude Confortes, ce dernier la met en en scène au Théâtre Tristan Bernard, avec comme comédiens : Maaïke Jansen, Henri Courseaux, Jacques Alric, Elisa Prévand, Tristan Petitgirard. 2000, ouverture en janvier 2000 d’Avignon capitale de l’an 2000, avec l’adaptation de la conférence du Vieux-Colombier d’Antonin Artaud : "Histoire Vécue d’Artaud-Mômo" Cette histoire met en lumière l’œuvre visionnaire et déraisonnée d’un écrivain du siècle, interprétée avec brio par Damien Rémy qui ressuscite Artaud à part entière. 2001, il met en scène un texte de Michel Quint : "Effroyables Jardins". Texte qui dès sa parution connaît un très grand succès. Gérard Gelas décide de le porter au théâtre et choisit Jean-Paul Farré pour interpréter le héros. Cette création fait l’événement du festival d’Avignon 2001. Actuellement en tournée, le spectacle sera joué à Paris au Théâtre 14-Jean-Marie Serreau de janvier à mars 2003. 2002, l’une des qualités de Gérard Gelas est de savoir affronter l’actualité sans tarder. Dans cette nouvelle pièce, il met le cap sur la base américaine de Guantanamo, près de Cuba, où sont internés les prisonniers faits en Afghanistan et supposés membre d’Al-Quaïda. "Guantanamour" est crée au festival 2002. Dès les toutes premières représentations, la salle ne désemplira pas. Un rêve cognant la haine établie. 2003, il crée de nouveau un spectacle jeune public, qu’il écrit et met en scène : « Les Constellations Aquatiques » paru aux Editions transbordeurs. Cette même année, il écrit et met en scène « La cité du fleuve » (paru aux Editions Hachette). 2004, il crée et met en scène « Hannah K » d’après le roman de Renaud Meyer adapté par Emile Herlic, avec Marianne Epin, nominée aux Molières pour cette création. Le spectacle sera joué trois mois au Théâtre Mouffetard à Paris. Cette même année, il adapte et met en scène le chef d’oeuvre de littérature provençale qui valut le Prix Nobel à Frédéric Mistral, « Mireille » (paru aux Editions transbordeurs). 2005, il crée et met en scène « On ne badine pas avec l’amour » d’Alfred de Musset. Cette même année, il écrit un roman « L’ombre des anges » (à paraître). 2006, il adapte et met en scène « Contes du Pays des neiges », d’après des contes tibétains : les Jataka. Spectacle jeune public. Cette même année, il met en scène « Le Barbier de Séville » de Beaumarchais au Théâtre des Capucins au Luxembourg. 2007, il écrit et met en scène "Radio mon Amour" ainsi que "Tailleur pour Dames" de Georges Feydeau au Théâtre des Capucins au Luxembourg. Ses créations sont jouées dans toute la France, à Paris et à l’étranger, des plus grands festivals internationaux aux plus petites scènes de villages ou de quartiers. |
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